Biographie

Je suis né à Seraing (Wallonie) à proximité d’une aciérie. Je viens d’un milieu ouvrier. Mon père a travaillé 40 ans aux Usines Cockerill. Il y est entré à 14 ans comme manoeuvre et a fini comme responsable de l’atelier de construction mécanique (on y fabriquait essentiellement des moteurs de bateaux et de locomotives). Il a toujours eu une grande nostalgie des études qu’il n’avait pas pu faire en raison de sa situation familiale. Son père était mort jeune, travailler pour aider sa mère et son jeune frère (qui mourra lui aussi quelques années plus tard) était la seule perspective. Ma mère était « femme au foyer ». Mon père tirait grande fierté qu’elle n’aille pas travailler en usine, tant le milieu était dur. A moi aussi, il disait « tout, sauf l’usine ». C’est par sa volonté que j’ai fait des études. C’est lui qui m’a quasi poussé de force à l’université. J’ai découvert le  théâtre à l’école. Ça m’a plu, je ne sais pas pourquoi. Chez moi, on ne parlait pas de théâtre. Ce n’était pas un milieu cultivé. La découverte du théâtre a été la découverte d’un autre monde, où je pouvais me projeter et sortir de mon milieu social. Je ne rejette pas du tout ce milieu, j’y suis affectivement attaché, mais d’en être sorti m’a incontestablement donné plus de liberté dans la vie. Je le dois à mes parents, aux études et probablement à la façon de m’accrocher à ces études.

Plus tard, après mes études de philologie romane à l’université de Liège, j’ai suivi les cours de l’institut d’études théâtrales de l’université de Paris  Sorbonne. La personnalité et le savoir concret de Bernard Dort m’ont beaucoup marqué. Puis, je me suis lié avec des comédiens et des metteurs en scène. J’ai travaillé avec eux comme dramaturge. Le mot a deux sens. Il désigne celui qui écrit des pièces de théâtre, mais ce n’était pas le cas pour moi avant 1986. Le deuxième sens du mot dramaturge désigne quelqu’un qui avec et à côté du metteur en scène aide à dégager les grandes options qui régleront le travail de mise en scène sur une pièce. J’ai exercé ponctuellement cette fonction entre 1974 et 1984 à l’ensemble théâtral mobile (direction: Marc Liebens) et au théâtre Varia (direction Philippe Sireuil). En 1984, j’ai occupé les fonctions de dramaturge à l’opéra national de Bruxelles, sous la direction de Gerard Mortier. En 86, j’ai écrit ma première pièce, puis quelques années plus tard, j’ai quitté l’opéra pour devenir professeur à l’Institut national supérieur des arts du spectacle, INSAS  à Bruxelles. Pour l’essentiel, je faisais avec des apprentis comédien et des apprentis metteurs en scène ce qu’on appelle dans le métier du « travail à la table », c’est-à- dire que je lisais et j’analysais la pièce avec eux pour trouver sur quoi baser la construction de leur jeu ou de leur mise en scène.

J’aime dans la théâtre la dimension du conflit, de l’affrontement. Mes personnages ne se battent pas pour vivre, ils sont vivants parce qu’ils se battent. J’écris souvent à partir du quotidien, mais ce n’est pas pour reproduire le quotidien tel quel. Je m’efforce d’écrire le quotidien en y introduisant une certaine distance, on ne voit pas bien les choses quand on est trop le nez dessus. Donc, je pars souvent du quotidien, je parle souvent de situations qui sont dans l’actualité, mais je n’écris pas pour autant des pièces « quotidiennes ou d’actualité ». 

Au théâtre j’aime que le lourd s’exprime légèrement. On voit ça assez clairement dans  « Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis » . Le point de départ de l’écriture est la volonté que j’avais d’écrire sur la précarité, sur la pauvreté, mais je ne voulais pas écrire un texte misérabiliste ou sociologique. Le théâtre doit être un plaisir, on va au théâtre pour son plaisir. Le théâtre qui parle du monde qui va mal ne doit pas être une punition parce que le monde va mal. Donc, j’ai cherché une façon paradoxale de parler de tout cela. En introduisant un chien dans l’affaire, j’étais assuré d’aller vers quelque chose à la fois de grave et de léger. L’autre « raison » de la pièce est que je voulais écrire pour Philippe Jeusette, le comédien qui joue le portier dans le spectacle. Ecrire pour un comédien dont je connais les capacités de jeu m’emballe.

J’écris souvent selon mon impulsion propre, mais aussi souvent à la commande. La contrainte est souvent fort productive en art. Ce n’est pas une limitation de ma liberté mais un tremplin pour rebondir sur des thèmes que je n’aurais peut-être pas abordés sans cela. 

Mon trajet théâtral doit beaucoup aux metteurs/metteuses en scène avec qui j’ai travaillé. Philippe Sireuil, au premier chef, qui, à mes débuts, m’a accueilli au Théâtre Varia ( Bruxelles) et a mis en scène mes pièces à de nombreuses reprises, mais aussi Isabelle Pousseur, Virginie Thirion, Antoine Laubin (Belgique) Jean Boillot, Sébastien Bournac, Patrick Verschueren, Jacques Vincey, Nabil El Azan, ( France), Philippe Morand (Suisse), notamment.

Mes textes sont principalement publiés aux éditions Actes-Sud papiers et aux éditions Lansman. Certains d’entre eux ont fait l’objet de captations et de diffusions télévisées ou de mises en ondes, par la RTBF et France-Culture notamment. J’ai publié un court récit « Tribulations d’un homme mouillé » aux éditions Labor à Bruxelles. Les Editions Aden ont publié « Spoutnik », un récit autobiographique, et « Rien d’officiel », cinq récits sur le monde d’aujourd’hui conçus à partir de grandes figures shakespeariennes.

La revue « Alternatives théâtrales » m’a consacré son numéro 75 (décembre 2002) ainsi qu’un hors série « Voyages dans ma cuisine »(2008) constitué d’entretiens avec Antoine Laubin sur son théâtre.

En 2010, j’ai a donné une conférence sur mes textes à l’université d’Avignon intitulée ‘Un théâtre de la disparition’, publiée en 2011 aux presses universitaires d’Avignon.

En 2011, j’ai a été l’invité de la chaire de poétique de l’université de Louvain pour quatre conférences sur le thème « L’écriture comme théâtre ».J’ai bénéficié d’une résidence d’écriture à la Rose des vents de Villeneuve d’Ascq en 1991 et à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon en 1996.

En 2012, les éditions Espace Nord ont publié « la souffleur inquiet » . Cette réédition augmentée reprend les textes que j’ai donnés à diverses revues telles que Théâtre Public, L’art du théâtre, les cahiers de la comédie-Française, Alternatives théâtrales, etc.

En 2017, les éditions Alternatives théâtrales ont publié le premier volume de mon Journal de Théâtre sous le titre « Accents toniques » 1973-2017. Deux volumes supplémentaires sont encore inédits.

En 2021, La revue Textyles N°60 a publié les actes d’une rencontre autour de mes textes à l’université de Louvain sous le titre « Jean-Marie Piemme, quel théâtre pour le temps présent ».

Mes prix : Eve du théâtre (Belgique 1990). Prix triennal de la Communauté française de Belgique 1991 et 2002 . Prix “ Nouveaux talents ” de la SACD France 1992Prix RFI (Radio France International 1994) pour sa pièce “ Les forts, les faibles ”. Prix Herman Closson, 1994, de la SACD Belgique. Prix ado du théâtre contemporain ( Amiens/Picardie 2009/2010) pour « Dialogue d’un chien avec son maître sur la nécessité de mordre ses amis ». Prix du lycée André Maurois de Bischwiller ( 2010) pour Spoutnik. Prix Soni Labou tansi 2008 pour « Dialogue d’un chien… ».  Prix quinquennal de littérature, 2015 de la Fédération Wallonie Bruxelles (avec Jean Louvet) pour l’ensemble de son oeuvre. Prix de la critique, Bernadette Abraté, 2015, pour l’ensemble de son oeuvre.

Principales localités où un texte au moins a été représenté dans un contexte professionnel : Amiens (F), Albi (F) Aurillac (F), Avignon (F), Angoulême (F), Arlon (B), Amsterdam (P-B), Berlin (A), Bruxelles (B ), Bischwiller (F ), Cluze (F), Caen (F), Combs-la-Ville (F), Courtrais (B), Cognac (F), Charleroi (B), Clermont-Ferrand (F), Dijon (F) Dinant (B), Evry (F), Genève (C-H), Gaillac (F), Gand (B), Groeningen (P-B), Gruissan (F), Grenoble (F), Hendaye (F), Kinshasa (RDC), Karlsruhe (A), Liège (B),  Le Perreux (F), Lansanne (C-H), Lyon (F), La chaux-de-fonds (C-H), Louvain-La-Neuve (B), Lille (F), Lisbonne  (P ), Lisieux (F), Mannheim (A), Metz (F), Marseille (F), Mons (B), Milan (I), Montréal (C ), Martigny (C-H), Maestricht (P-B), Montpellier (F), Namur (B), Nancy (F), Nîmes (F), Nantes (F), Narbonne (F), Ostwald (F), Paris (F), Pont-à-Mousson (F), Poitiers (F), Perpignan (F), Rotterdam (P-B), Rouen (F), Saint-Brieuc (F), Sion (C-H), Salives (F), Spa (B), Strasbourg (F), Saint-Quentin (F), Tournai (B), Thionville (F), Uzes (F), Verviers (B), Vendôme (F), Val de Reuil (F), Villeneuve-Lez-Avignon (F), Villeneuve d’Asc (F), Valenciennes (F).

 

 

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